LE HAVRE - OLYMPIQUE PARIS 2-1


LE HAVRE 2OLYMPIQUE PARIS 1
Coupe de France
12000 spectateurs
24/02/1924
Stade Robert Diochon, Rouen
Stade plein à craquer, exploit du havre qui élimine le grand favori de la compétition, la recette a

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Compte rendu dans la presse — Gallica (BnF)
L'Écho des Sports  📄 Gallica
Le Havre A.C. se surpasse et bat l'Olympique par 2 buts à 1 — Rouen, 24 Février (de notre envoyé spécial). — La surprise que certains devaient envisager rai- sonnablement, sauf peut- être les acharnés parti- sans du Havre A.C., s'est produite : le Havre a éli- miné de la Coupe le grand favori, l'Olympi- que, que tout le monde s'accordait à recon- naître comme le meilleur club de France, et d'assez loin.

L'événement s'est accompli à Rouen devant 12 000 spectateurs qui poussèrent l'enthou- siasme au plus haut point. La partie ne fut sans doute pas des plus jolies, surtout en seconde mi-temps car alors la volonté de vaincre ou de ne pas perdre fut plus forte que tout et annihila les tentatives de jeu : mais en première mi-temps elle fut fort con- venable et attrayante. Malheureusement, le jeu dur et incorrect de certains joueurs de l'Olympique en seconde mi-temps contribua à créer une atmosphère d'excitation qui amena, au coup de sifflet final, l'envahissement du terrain. L'Olympique fut alors vivement cons- pué, ce qui est vraiment regrettable et dé- placé. Il nous faut une fois de plus signaler Baron et Haas comme s'étant montrés in- corrects ; en particulier, Baron fit une charge pieds en avant qui renversa Frémont.

Dès le début, le Havre se montra décidé à vendre chèrement sa peau : tous les joueurs marquent sériensement l'adversaire qui ne peut développer son jen et dont la rapidité se voit à chaque in:tant ralentie. Pendant dix Minutes, le Havre domine légèrement, mais les efforts des Olvympiens sont très dange- reux, Puis les Parisiens remontent peu à pen le terrain et le jeu devient égal. Mais an bout d'en quart d'heure Rénier, dont lentente anvee Accard est excellente, est tonché an ge- nou et quitte un môment le terrain: il rentrera peu après raais ne sera plus de grande uti- Ut pour son équire.

Et voici que l'Olympiqne pousse des atta- ques.de plus en plus nombreuses, mais etles sont désordonnées : les jouenrs <'affolent. l'imprécision règne en maîtresse devant les buts. Au bout de 31 minutes de jeu, on note une Ouverture d'Accard sur Rénier, qui joue extréme droit : celui-ci passe à Reneault, devenn avant centre, qui place un très beau shot et ouvre le score.

_ HEAC, : 1 ; Olympique : 0.

L'enthousiasme est délirant. Vers la 40e mi-

nuie, encore une descente dangereuse du Ha- vrais Accard, qui passe à Buré qui marque ; mais Je but est refusé pour off side, L'Olvmpique s'affole de plus en plus : Haas se net à shooter de tres loin. Ft cependant le; Parisiens menneent, Juste à la dernière seconde, Haas place un long éhot qui hat Fremont,

HA. : 1 : Olympique : 1.

Et c'est le repos,

La seconde mi-temps voit nn jen déconsn et imprécis. Le Havre cominence à dominer, mais Harrisson est bientôt touché à son tour et le Havre &e ressent de ce nouveau handi- cap. 11 se détenmd cependant désespérément et pousse encore des attaques de temps à autre. Sur Fune d'elles, à la trente-troisième minute, Aceard est terriblement chargé dans les dix- hüit mètres : l'arbitre accorde le penalty et Buré ie transforme.

HLA.C. : 2 ; Olympique : 1.

Dès lors. c'en est fini. Le Havre joue la défensive intégrale et l'Olympique s'emploie avec l'énergie du désespoir. Le Havre est vivement pressé sur ses buts, les Parisiens shootent à tort et à travers. Les Havrais ne s'occupent plus que de la touche. Jamais on n'a vu une empoignade aussi cafouilleuse et aussi palpitante à la fois. Trente secondes avant la fin Dufour shoote sur la barre : le Havre a ainsi évité le match nul.

L'Olympique joua nettement au-dessous de sa forme et montra sa nervosité habituelle dans les circonstances difficiles ; il fut supé- rieur en technique et en rapidité au H.A.C. : Cottenet fit bien ce qu'il avait à faire ; Adol- phe et Vignoli furent moyens et dégagèrent la plupart du temps n'importe comment ; en demis, Clère fut brillant en seconde mi-temps, Belaousté ne fut pas complètement lui-même, Mistral fut ordinaire ; en avants, l'aile Dufour Darques fut la plus dangereuse, Dewaquez, qui eut le poignet foulé, cessa assez vite d'être redoutable, Baron et Haas furent brouillons et nerveux.

Au Havre, la défense se surpassa, encore qu'elle fut loin d'être impeccable. L'équipe se montra en général plus lente sur la balle que son adversaire ; toutefois, il faut citer, en demis, l'excellente partie du jeune Cantais. Ita eut fort à faire et s'acquitta très bien de qui fut très bon en défensive et en offensive : sa tâche ; Harrisson ne put jouer qu'une mi- temps. En avants, il faut signaler Accard, qui fut très brillant et très fin ; Renier, pour ainsi dire immobilisé, manœuvra ses hommes à merveille ; Lechanteux fut très actif ; Re- neault et Buré, très ardents, furent bons sans plus.

Que dire de l'arbitrage de M. Brughamer ? Il fut consciencieux et assez clairvoyant, mais on peut lui reprocher de n'avoir pas sévi as- sez rigoureusement contre l'incorrection et d'avoir sifflé trop tardivement les fautes. La recette a dépassé 50.000 francs, ce qui bat le record normand. — Maurice Pefferkorn.

> Coupe de France de Football 1924


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